« Des initiatives comme Swiss Impact & Prosperity montrent qu’au-delà de la croissance, la capacité d’une économie à créer de la valeur durable et à préserver ses ressources devient elle aussi un indicateur de performance », explique Simone Pedrazzini, CEO d'Earth Action.
« Les membres de l'« Alliance accord sur l’électricité Suisse » surveilleront de près les débats parlementaires et fourniront des informations factuelles sur l’accord », résume Annalisa Job responsable de la communication pour l’Association des entreprises électriques suisses (AES).
« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
La robustesse représente la prochaine force du « Made in Switzerland »
« Des initiatives comme Swiss Impact & Prosperity montrent qu’au-delà de la croissance, la capacité d’une économie à créer de la valeur durable et à préserver ses ressources devient elle aussi un indicateur de performance », explique Simone Pedrazzini, CEO d'Earth Action.
La durabilité et la performance économique ont trop longtemps été traitées comme deux sujets distincts. Après plus de quinze années passées au contact des entreprises et de leurs enjeux, je constate pourtant que leur lien est de plus en plus largement reconnu. Ce rapprochement intervient à un moment où les entreprises suisses doivent composer avec une incertitude croissante.
Selon la dernière enquête de Deloitte auprès des CFO suisses, les risques géopolitiques restent leur première préoccupation, devant la faiblesse de la demande et les risques de change. Les inquiétudes liées aux chaînes d'approvisionnement et aux prix de l'énergie ont également progressé. Les entreprises veulent avancer. Elles doivent simplement le faire avec moins de visibilité, dans un environnement où les conditions peuvent changer rapidement.
Une autre manière de créer de la valeur
C’est précisément dans ce contexte que la robustesse devient un enjeu stratégique. Elle ne consiste pas à éliminer toutes les fluctuations, mais à continuer à fonctionner, à s’adapter et à créer de la valeur malgré elles. Pour une entreprise, cela signifie comprendre les ressources dont elle dépend, identifier ses vulnérabilités et renforcer sa capacité à absorber les chocs plutôt qu’à simplement y réagir.
Prenons une entreprise confrontée à une difficulté d’approvisionnement. Elle doit naturellement trouver une réponse immédiate. Cependant, changer de fournisseur ne supprime pas nécessairement la vulnérabilité de fond. Pour prendre une décision éclairée, elle doit comprendre d’où viennent ses matières premières, de quels acteurs elle dépend et quels risques peuvent affecter leur disponibilité.
Pour une entreprise, la robustesse repose sur une meilleure compréhension des ressources dont elle dépend.
Certaines entreprises travaillent sur ces questions depuis des années dans le cadre de leurs stratégies de durabilité. La connaissance des chaînes de valeur, la traçabilité et l’analyse des dépendances ont d’abord permis de mieux comprendre les impacts environnementaux. Elles servent aussi aujourd’hui à sécuriser les approvisionnements, à anticiper les changements et à mieux orienter les décisions. L’enjeu n’est donc plus de savoir quelle place accorder à la durabilité à côté de la stratégie de l’entreprise. Il s’agit de répondre aux contraintes immédiates sans fragiliser l’avenir.
Construire des approches communes
J’ai pu observer cette réalité de près en Italie, notamment dans l’industrie de la mode. Plusieurs acteurs du secteur s’étaient engagés à atteindre des objectifs environnementaux communs. Une fois ces engagements pris, le même constat revenait : les entreprises avaient besoin de davantage de données et de traçabilité.
Lorsque chacun avance selon ses propres méthodes, la charge se reporte sur les fournisseurs. En revanche, lorsqu’un secteur adopte des approches communes, il réduit cette complexité et permet aux entreprises de progresser ensemble, tout en préservant la solidité du tissu de sociétés spécialisées dont dépend la pérennité de toute une industrie.
Cette réflexion rejoint aussi les travaux qui cherchent à compléter les indicateurs économiques traditionnels. Des initiatives comme Swiss Impact & Prosperity montrent qu’au-delà de la croissance, la capacité d’une économie à créer de la valeur durable et à préserver ses ressources devient elle aussi un indicateur de performance.
Pour une entreprise, cette robustesse repose sur une meilleure compréhension des ressources dont elle dépend, des vulnérabilités de ses chaînes de valeur et des transformations qui peuvent affecter son activité. La robustesse n’est pas un état. C’est une capacité qui se développe grâce à une connaissance plus fine de ces enjeux et à des décisions mieux éclairées.
Plusieurs secteurs clés de notre économie reposent sur un tissu d’entreprises spécialisées qui collaborent et s’insèrent dans des chaînes de valeur internationales. La solidité d’un secteur dépend aussi de celle de ses différents acteurs.
Dans l’horlogerie, il y a une réelle occasion de faire évoluer ce que signifie le « Made in Switzerland ».
Adapter le « Made in Switzerland »
L’horlogerie et la joaillerie en offrent une bonne illustration. Une montre suisse est le produit d’une chaîne de valeur complexe qui dépasse largement nos frontières. Pour l’or et les autres matières précieuses, les entreprises doivent disposer d’informations fiables sur l’origine des matériaux et leurs conditions de production.
Ces industries disposent d’un véritable atout. La précision, la mesure et la fiabilité sont au cœur de leur culture industrielle et, plus largement, du savoir-faire suisse. Elles ont aussi une longue expérience de la collaboration entre entreprises de tailles différentes. Il s’agit maintenant de mettre ces forces au service des nouveaux défis auxquels ces secteurs sont confrontés.
C’est ce que cherche à faire l’initiative Watchmaking Ecodesign. Ce projet produit des données environnementales adaptées aux matériaux et aux procédés propres à l’horlogerie. L’idée est simple : une donnée n’a de valeur que si elle permet de prendre une meilleure décision.
Une étude récente consacrée au lavage des composants le montre très concrètement. Elle a porté sur 22 machines réparties sur sept sites, auprès de cinq maisons horlogères et d’un sous-traitant. Les résultats ont révélé des écarts considérables entre les équipements, liés notamment à leur dimensionnement et à leur taux d’utilisation.
L’une des maisons participantes s’est servie de ces résultats pour revoir ses critères d’achat et réorienter un investissement. Certains équipements semblaient surdimensionnés par rapport aux volumes réellement traités. L’entreprise a donc ajusté ses exigences en matière de capacité, de consommation électrique et de type de machine.
Dans l’horlogerie, où les marques dépendent d’un réseau de sous-traitants spécialisés, cette coopération contribue aussi à la robustesse de l’ensemble du secteur. Il y a ici une occasion de faire évoluer ce que signifie « Made in Switzerland ». La qualité, la précision et la fiabilité en font déjà partie. Dans un monde plus incertain, nous pouvons y ajouter une nouvelle exigence de robustesse. Cela suppose de mieux connaître nos dépendances, d’anticiper les changements et de préserver les écosystèmes industriels sur lesquels repose notre économie.
« Les membres de l'« Alliance accord sur l’électricité Suisse » surveilleront de près les débats parlementaires et fourniront des informations factuelles sur l’accord », résume Annalisa Job responsable de la communication pour l’Association des entreprises électriques suisses (AES).
« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
L’ambition de poursuivre le développement de sources d'énergie vertes, fiables et rentables a donné lieu à de nouvelles et nombreuses discussions lors de la septième édition de Building Bridges à Genève.