Qu'advient-il lorsque les compagnies d’assurance décident de se retirer et de ne plus couvrir les zones les plus à risque ? Tel est le thème au cœur du nouveau rapport de l’ONG environnementale, mais aussi de « Sigma », celui du Swiss Re Institute. Décryptage
« Les solutions de flexibilité sont aujourd'hui incontournables. Elles se heurtent toutefois à une difficulté structurelle : leurs coûts diminuent plus rapidement que les règles du marché n’évoluent », explique Xavier Blot, professeur associé à emlyon business school.
Sans investissements, la sécurité d’approvisionnement est en danger
« Si l’on veut réussir la transition énergétique, il faut aussi accepter de la financer. Cela suppose des règles claires et fiables, capables de garantir des incitations suffisantes à l’investissement », explique Michael Frank, directeur de l’AES.
Nous voulons sortir des énergies fossiles, développer les énergies renouvelables et réduire notre dépendance à l’étranger. Nous voulons également garantir une alimentation électrique fiable, y compris face à une demande en hausse. La Suisse est engagée dans une transformation profonde de son système énergétique. Mais pour qu’elle fonctionne dans la durée, une condition reste déterminante : la capacité d’investir.
Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Pour atteindre les objectifs énergétiques et climatiques, près de 1’500 milliards de francs devront être investis d’ici à 2050. Sans ces investissements, la transition énergétique et la sécurité d’approvisionnement resteront des objectifs affichés, sans traduction concrète sur le terrain.
Quel taux pour le WACC ?
Le système électrique repose sur des infrastructures lourdes, construites et financées sur plusieurs décennies. Les entreprises du secteur, comme les investisseurs privés, s’engagent sur le long terme. Cela suppose des conditions-cadres stables et prévisibles. Dans ce contexte, le WACC (Weighted Average Cost of Capital), soit le taux moyen pondéré du coût du capital, joue un rôle central.
Fixé par l’État, ce taux détermine la rémunération des investissements dans les réseaux électriques et les énergies renouvelables. Il vise à couvrir les coûts du capital nécessaires à la construction, au renouvellement et à l’entretien des infrastructures. Il ne s’agit pas de bénéfices, mais d’une rémunération permettant d’assurer la pérennité des investissements.
Les conséquences sont déjà visibles. Entre l’année tarifaire 2025 et celle de 2026, le capital disponible pour les investissements dans les réseaux a diminué d’environ 120 millions de francs.
Depuis mars 2025, une nouvelle méthode de calcul du WACC est appliquée. Elle a conduit à des taux sensiblement plus faibles. À court terme, cela peut sembler positif pour les consommatrices et consommateurs, notamment par une baisse des tarifs de réseau. Mais cette approche occulte un effet essentiel : la fragilisation de la sécurité des investissements.
Les conséquences sont déjà visibles. Entre l’année tarifaire 2025 et celle de 2026, le capital disponible pour les investissements dans les réseaux a diminué d’environ 120 millions de francs. Une nouvelle baisse est attendue pour 2027. Autant de moyens en moins pour développer les réseaux et accélérer le déploiement des énergies renouvelables, alors même que les besoins augmentent.
La nouvelle méthode avait pourtant été introduite avec l’ambition de stabiliser le WACC. Elle devait amortir les fluctuations des marchés financiers, malgré la suppression des planchers et plafonds, et renforcer la sécurité de planification pour les investisseurs. Dans les faits, elle a introduit davantage d’incertitude.
Finance la transition énergétique
Le débat ne porte pas sur des rendements excessifs. Il porte sur une question de prévisibilité. Les infrastructures électriques ne se construisent pas sur quelques années, mais sur plusieurs décennies. Lorsque la rémunération du capital devient trop volatile, l’investissement devient plus risqué, plus incertain et donc plus difficile à mobiliser.
Si l’on veut réussir la transition énergétique, il faut aussi accepter de la financer. Cela suppose des règles claires et fiables, capables de garantir des incitations suffisantes à l’investissement, y compris dans un contexte de taux d’intérêt bas. Concrètement, la réintroduction de planchers et de plafonds pour le taux sans risque appliqué aux fonds propres et aux capitaux étrangers est nécessaire afin d’assurer une rémunération de marché stable et prévisible.
La sécurité d’approvisionnement ne se décrète pas. Elle se construit dans le temps, sur la base de décisions cohérentes et de conditions permettant d’investir durablement. Qui veut une sécurité d’approvisionnement doit garantir une sécurité d’investissement. Faute de quoi, le capital fera défaut là où il est indispensable, au détriment du développement des énergies renouvelables et de la fiabilité du système électrique.
Qu'advient-il lorsque les compagnies d’assurance décident de se retirer et de ne plus couvrir les zones les plus à risque ? Tel est le thème au cœur du nouveau rapport de l’ONG environnementale, mais aussi de « Sigma », celui du Swiss Re Institute. Décryptage
« Les solutions de flexibilité sont aujourd'hui incontournables. Elles se heurtent toutefois à une difficulté structurelle : leurs coûts diminuent plus rapidement que les règles du marché n’évoluent », explique Xavier Blot, professeur associé à emlyon business school.
En baptisant leur première édition « Les parcs éoliens sortent de terre », les acteurs de la branche veulent afficher un certain optimisme malgré un contexte toujours compliqué pour la filière. Le point Benoist Guillard, président du Groupe romand pour l’énergie éolienne (GREE).