En Europe, solaire et éolien relèguent les énergies fossiles au second plan

D’après le dernier rapport du think tank Ember, la production cumulée de ces deux sources d’énergie renouvelable a assuré environ 30 % de l’électricité produite en Europe en 2025, contre 29 % pour l’ensemble des énergies fossiles.

En Europe, solaire et éolien relèguent les énergies fossiles au second plan
En 2025, en Europe, la production d’énergie tirée du soleil a atteint un record de 369 TWh, en hausse de plus de 20 % par rapport à 2024. @Getty Images/Canva

Un tournant historique ! Le système électrique européen a connu l’an dernier un basculement inédit : la production combinée de l’éolien et du solaire a dépassé celle issue des combustibles fossiles. À elles deux, ces sources ont assuré environ 30 % de l’électricité produite en Europe en 2025, contre 29 % pour l’ensemble des énergies fossiles. En revanche, les deux autres principales sources d’énergie bas-carbone — l’hydroélectricité et le nucléaire — sont demeurées stables ou ont légèrement reculé au cours des cinq dernières années.

Cette bascule s’inscrit dans une tendance de fond à l’œuvre depuis une décennie, avec une accélération très nette depuis cinq ans. Elle concerne déjà 14 des 27 États membres. « Cette étape importante illustre la rapidité des transformations en cours dans le secteur énergétique de l’Union européenne », souligne la Dre Beatrice Petrovich, analyste senior chez Ember, le think tank à l’origine de cette nouvelle étude.

Décryptage, en quelques points clés, de cette « Revue européenne de l’électricité 2026 ».

1️⃣
La croissance du solaire : En 2025, en Europe, la production d’électricité d’origine solaire a atteint un niveau record de 369 TWh, en hausse de plus de 20 % par rapport à 2024 — soit une progression équivalente à la production annuelle de plusieurs réacteurs nucléaires. Cette dynamique s’explique par l’expansion rapide des capacités installées (+65 GW en un an), réparties de manière presque égale entre grandes centrales et installations en toiture.

Tous les pays de l’Union européenne ont enregistré une hausse de leur production solaire et, dans plusieurs d’entre eux (Hongrie, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Chypre), le solaire représente désormais plus de 20 % de l’électricité produite chaque année.
2️⃣
Bonnes performances malgré la météo : Dans un contexte de conditions météorologiques atypiques en début d’année — marqué par de faibles précipitations et des vents réduits ayant pénalisé l’hydroélectricité et l’éolien — les énergies renouvelables ont maintenu une part stable, proche de 48 % de la production électrique européenne. Le recul de l’éolien et de l’hydroélectricité a été largement compensé par un ensoleillement exceptionnel, notamment en Europe du Nord, qui a dopé la production solaire.

Cette complémentarité entre sources renouvelables illustre la résilience croissante du système électrique européen face aux aléas climatiques. « L’augmentation de la production d’énergie solaire est intervenue à point nommé pour répondre au pic de consommation d’électricité lié à la climatisation lors des vagues de chaleur estivales », souligne par ailleurs le rapport.
3️⃣
Rôle désormais marginal du charbon : Le charbon poursuit son déclin rapide et atteint, en 2025, un niveau historiquement bas, ne représentant plus que 9,2 % de l’électricité produite en Europe. « Il s’agit d’un changement remarquable si l’on considère qu’il y a dix ans, le charbon assurait près d’un quart de la production d’électricité de l’Union européenne (24,6 %), soit 705 TWh », souligne le rapport. Dans la majorité des États membres, il est désormais marginal, voire quasiment éliminé.

Le gaz, en revanche, demeure un point de fragilité. Sa production a augmenté en 2025 afin de compenser la baisse de l’hydroélectricité, entraînant une hausse de 16 % de la facture européenne d’importation de gaz et contribuant à des pics de prix sur les marchés de l’électricité. Bien qu’il reste en deçà de ses niveaux d’avant-crise, le gaz continue ainsi de peser sur les coûts et la sécurité énergétique.
4️⃣
Boom des batteries en Europe : L’étude met en évidence les premiers effets positifs du déploiement rapide des batteries sur le continent. Si près de la moitié des capacités de batteries à l’échelle du réseau de l’Union européenne restent concentrées dans deux pays seulement — l’Italie et l’Allemagne — l’année 2025 a été marquée par des signes clairs d’accélération dans l’ensemble du bloc. Des projets de batteries ont ainsi été lancés ou annoncés dans la plupart des États membres.

En 2025, la capacité de stockage a fortement progressé et un pipeline de projets record laisse entrevoir une accélération majeure dans les années à venir. « La baisse annuelle moyenne de 20 % du coût des batteries au cours de la dernière décennie, combinée à des écarts de prix intrajournaliers importants et croissants, a rendu l’investissement dans le stockage par batterie plus attractif que jamais sur le plan financier en 2025 », soulignent les auteurs du rapport.
5️⃣
Les batteries pour remplacer le gaz : En s’appuyant sur l’exemple californien, les experts d’Ember estiment que les batteries pourraient sérieusement concurrencer le gaz lors des heures de pointe, en stockant l’électricité solaire et éolienne excédentaire et en réduisant le gaspillage lié aux limitations du réseau.

L’an dernier, les batteries californiennes ont contribué à faire reculer la part des énergies fossiles dans la demande de pointe en soirée, passée de 44 % en septembre 2021 à 34 % en septembre 2025, tandis que la contribution des batteries a bondi de 3 % à 22 % sur la même période. « Cette évolution suggère que les pays de l’Union européenne qui déploient des batteries pour stocker une énergie propre abondante pourraient également réduire leur dépendance à un gaz coûteux », notent les auteurs.

Au total, afin d’éviter tout risque de surcharge du réseau, l’Allemagne a volontairement réduit d’environ 9,6 TWh sa production éolienne et solaire en 2025, soit près de 4 % de la production totale de ces énergies. À l’avenir, ce gaspillage pourrait être évité grâce aux batteries, comme le soulignent les auteurs du rapport d’Ember.

« L’énergie éolienne et solaire produite localement est appelée à devenir la colonne vertébrale du système électrique européen. » L’étude d’Ember souligne que le développement du stockage, le renforcement des interconnexions électriques et l’activation de la flexibilité de la demande sont désormais indispensables pour stabiliser les prix, réduire la dépendance aux combustibles importés et consolider durablement la transition vers un système électrique majoritairement renouvelable.

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