« Les solutions de flexibilité sont aujourd'hui incontournables. Elles se heurtent toutefois à une difficulté structurelle : leurs coûts diminuent plus rapidement que les règles du marché n’évoluent », explique Xavier Blot, professeur associé à emlyon business school.
En baptisant leur première édition « Les parcs éoliens sortent de terre », les acteurs de la branche veulent afficher un certain optimisme malgré un contexte toujours compliqué pour la filière. Le point Benoist Guillard, président du Groupe romand pour l’énergie éolienne (GREE).
Depuis sa fondation en 2021, la jeune pousse s'est donnée pour mission de trouver un bon compromis entre production d’énergie et croissance des plantes. La solution s’appelle la « filtration spectrale ».
Le nouveau choc pétrolier ravive l’urgence de décarboner, en profondeur, nos économies
« Les solutions de flexibilité sont aujourd'hui incontournables. Elles se heurtent toutefois à une difficulté structurelle : leurs coûts diminuent plus rapidement que les règles du marché n’évoluent », explique Xavier Blot, professeur associé à emlyon business school.
En quelques jours, le conflit qui a éclaté dans le détroit d’Ormuz a suffi à nous rappeler deux réalités : nos systèmes énergétiques restent fragiles en raison de leur dépendance aux énergies fossiles, et ils structurent profondément nos économies. Des mesures d’urgence sont prises, mais il est surtout nécessaire de poursuivre, en profondeur, la décarbonation. Dans son dernier rapport « State of Energy Innovation », l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a justement fourni des enseignements utiles pour orienter cette trajectoire.
Pour y répondre, le déploiement des énergies renouvelables apparaît comme une option évidente. Toutefois, l’amélioration de l’exploitation des installations existantes reste largement sous-exploitée. Il s’agit notamment d’optimiser la maintenance, les prévisions et les réglages afin de réduire les arrêts non planifiés. Dans l’éolien, par exemple, la réduction de ces arrêts sur des parcs déjà en service permet d’augmenter la production sans recourir à de nouvelles infrastructures, avec des effets plus rapides que le développement de nouveaux projets.
Les entreprises hésitent à investir faute de visibilité sur les règles futures (prix du carbone, aides publiques, accès au réseau, durée des contrats, etc.).
Il convient ensuite d’apprendre à créer davantage de valeur en combinant les technologies au sein de systèmes intégrés, plutôt que de considérer chaque brique isolément. Les technologies clés, telles que les panneaux solaires ou les pompes à chaleur, sont aujourd’hui disponibles à des coûts compétitifs. Mais leur potentiel repose désormais sur leur coordination. Un site industriel combinant solaire, batteries et pilotage de la consommation peut ainsi doubler son taux d’autoconsommation par rapport à un site simplement équipé de panneaux photovoltaïques.
Dans cette logique, les solutions de flexibilité deviennent incontournables. Elles se heurtent toutefois à une difficulté structurelle : leurs coûts diminuent plus rapidement que les règles du marché n’évoluent. Prenons l’exemple des batteries : leur coût a baissé de plus de 80 % en une dizaine d’années et elles sont de plus en plus utilisées pour des applications stationnaires.
Des freins surtout réglementaires
Pourtant, elles restent insuffisamment valorisées sur les marchés électriques européens. La production est rémunérée en €/MWh, mais les services rendus au système (déplacement dans le temps, stabilité, sécurité) sont encore mal intégrés. Ainsi, une solution peut être peu coûteuse tout en restant difficile à déployer si ses services ne sont pas correctement reconnus.
Cela rappelle que le principal frein n’est plus technique, mais réglementaire et financier. Dans de nombreux secteurs industriels, les technologies de décarbonation existent déjà. Le blocage provient surtout du surcoût et de l’incertitude quant à sa prise en charge. Les entreprises hésitent à investir faute de visibilité sur les règles futures (prix du carbone, aides publiques, accès au réseau, durée des contrats, etc.). Cela est particulièrement vrai dans des secteurs comme l’acier ou la chimie, à la fois très compétitifs et fortement capitalistiques.
Le dernier rapport de l’AIE illustre donc clairement que les approches centrées uniquement sur les filières technologiques atteignent leurs limites.
Enfin, certaines contraintes de la transition tiennent à des équipements peu visibles mais essentiels. Il s’agit notamment des transformateurs, des câbles et des postes électriques, qui conditionnent le raccordement des centrales et des sites industriels. Leur rôle reste souvent sous-estimé, alors même que les délais de livraison de certains transformateurs haute tension sont passés d’environ un an à deux à trois ans, retardant ou bloquant de nombreux projets.
Le dernier rapport de l’AIE illustre donc clairement que les approches centrées uniquement sur les filières technologiques atteignent leurs limites. Actuellement, il conviendrait plutôt de raisonner par usages (industrie, mobilité, chaleur), en considérant le réseau comme une infrastructure centrale. Car la performance ne se joue plus sur le seul prix de l’énergie, mais sur des systèmes cohérents permettant d’en garantir la disponibilité.
Décarbonation et sécurité économique vont de pair. À ce titre, ce texte doit être lu comme un rappel essentiel de notre responsabilité. Nous disposons aujourd’hui des outils nécessaires pour agir. Le choc pétrolier auquel nous faisons face n’est donc pas un accident, mais le produit de nos choix. À nous d’agir et d'être à la hauteur de l’enjeu.
En baptisant leur première édition « Les parcs éoliens sortent de terre », les acteurs de la branche veulent afficher un certain optimisme malgré un contexte toujours compliqué pour la filière. Le point Benoist Guillard, président du Groupe romand pour l’énergie éolienne (GREE).
Depuis sa fondation en 2021, la jeune pousse s'est donnée pour mission de trouver un bon compromis entre production d’énergie et croissance des plantes. La solution s’appelle la « filtration spectrale ».
« Malgré les attentes, les discussions de fond n’ont pas pu commencer faute de modalités de fonctionnement du panel. Or en l’absence d’une instance internationale dédiée, la régulation des polluants demeure fragmentée », s'inquiète Henri Klunge, ingénieur chimiste et fondateur d'Alcane Conseils.