Face à la flambée des prix du gaz, plusieurs pays - dont la Chine et l'Inde - ont substitué le charbon au gaz pour produire leur électricité, comme le souligne le dernier rapport semestriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Selon Henri Klunge, nouvellement élu député dans le canton de Vaud et fondateur d’Alcane Conseils, « la présence de cette petite molécule dans l’eau potable doit nous rappeler que nos activités ne sont pas sans conséquences ni sans risques pour l’environnement ».
Le charbon, ce grand gagnant du blocage du détroit d’Ormuz
Face à la flambée des prix du gaz, plusieurs pays - dont la Chine et l'Inde - ont substitué le charbon au gaz pour produire leur électricité, comme le souligne le dernier rapport semestriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Face à une flambée des prix diu GNL, plusieurs pays se sont donc tournés vers le charbon au détriment du gaz pour produire leur électricité. @Getty images/CanvaPro
Le charbon ! C’est l’une des matières dont on ne souhaiterait plus trop entendre parler de nos jours. Dans un monde où l’urgence est de réduire massivement nos émissions de carbone dans l’atmosphère, sortir du charbon devrait logiquement s’imposer comme une évidence. Parmi les combustibles fossiles, ce minerai est en effet celui qui émet le plus de CO₂ pour produire de l’électricité.
Mais si la trajectoire paraît évidente, la réalité reste bien éloignée des objectifs. « La crise du détroit d’Ormuz a provoqué une flambée des prix du GNL, entraînant une hausse des coûts de production des centrales à gaz et, à partir du mois de mars, une augmentation des prix de gros de l’électricité dans plusieurs régions du monde », peut-on lire dans le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) consacré à l’électricité. Une situation qui profite au charbon, lequel connaît depuis quelques mois un véritable regain dans plusieurs régions du monde, notamment en Chine et en Inde.
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Accélération de la demande d’électricité. La consommation mondiale devrait continuer de croître, avec une progression de 3,6 % en 2026 puis de 3,8 % en 2027, contre 3 % en 2025. Elle atteindrait ainsi environ 30 700 TWh en 2027, contre 28 600 TWh en 2025. Cette accélération est structurelle : développement industriel, électrification des transports et du chauffage, recours accru à la climatisation, multiplication des appareils électriques et, surtout, essor des centres de données.
La Chine (+5,5 % en 2026) et l’Inde (+7 %) devraient rester les principaux moteurs de cette hausse des besoins en électricité. Du côté des économies occidentales, la demande devrait également progresser à un rythme soutenu, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, avec une hausse de près de 2 % cette année dans les deux régions.
Essor spectaculaire des renouvelables. L’année 2026 marque un basculement historique : la production d’électricité renouvelable devrait dépasser celle issue du charbon, après l’avoir quasiment égalée en 2025. Elle progresserait de plus de 8 % cette année, tandis que sa part dans le mix électrique mondial passerait de 33 % en 2025 à 37 % en 2027. Le solaire joue un rôle déterminant dans cette progression : sa production devrait augmenter d’environ 600 TWh en 2026, ce qui lui permettrait de dépasser l’éolien et de devenir la deuxième source renouvelable d’électricité, derrière l’hydroélectricité.
Il y a quelques jours, dans une nouvelle analyse, la Fondation Énergie plaçait justement la Suisse parmi les pays européens les plus avancés en matière de production d’électricité renouvelable et de degré d’électrification. Elle se classait ainsi au cinquième rang en 2025, derrière plusieurs pays nordiques et l’Autriche.
Une nuance importante s’impose toutefois : une bonne partie de ce succès repose sur une ressource en particulier, l’hydroélectricité, qui représente plus de la moitié de la production électrique du pays. Dans le solaire et, surtout, dans l’éolien, la marge de progression reste donc importante. Comme le rappelle les experts de la Fondation Énergie, il sera « nécessaire d’agir à tous les niveaux pour décarboner complètement l’approvisionnement énergétique ».
Souce: Fondation Énergie
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Résistance du charbon. La crise au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont temporairement retiré du marché près de 20 % de l’offre mondiale de GNL, provoquant une forte hausse des prix du gaz en Europe et en Asie. Face à cette flambée, plusieurs pays se sont donc tournés vers le charbon au détriment du gaz pour produire leur électricité.
En Chine notamment, la production d’électricité à partir du charbon a rebondi d’environ 3 % au premier semestre, malgré une hausse de plus de 20 % de la production solaire. Même tendance en Inde, où la production électrique issue du charbon a augmenté de 3,5 % au premier semestre 2026, après un recul inhabituel en 2025, dans un contexte marqué par une mousson précoce et une forte progression des énergies renouvelables.
L’AIE souligne ainsi un paradoxe : « déployer toujours davantage de capacités renouvelables ne suffit pas ». Les congestions du réseau et l’écrêtement de la production peuvent empêcher ces nouvelles capacités de se traduire pleinement par une baisse du recours au charbon.
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Nouveau record d’émissions de carbone. Malgré le basculement historique vers les renouvelables, les émissions mondiales de CO₂ liées à la production d’électricité devraient augmenter de plus de 1 % en 2026, après avoir quasiment stagné en 2025. La hausse de la demande, le retour en force du charbon dans certaines régions et des conditions météorologiques favorisant le recours aux énergies fossiles expliquent cette progression.
Les émissions du secteur électrique devraient ainsi atteindre un nouveau sommet mondial cette année. L’Agence internationale de l'énergie prévoit toutefois une stabilisation dès 2027, lorsque la progression des renouvelables, du nucléaire et du gaz devrait permettre d’absorber la hausse de la demande tout en réduisant le recours au charbon.
L’impératif de flexibilité. L’essor du solaire et de l’éolien entraîne des écarts de prix de plus en plus spectaculaires au cours d’une même journée. En Espagne, les prix de gros ont ainsi été négatifs pendant 17 % des heures au premier semestre 2026, contre 10 % un an auparavant. Durant les vagues de chaleur européennes de juin, l’écart entre les prix très bas de la mi-journée et les pics du soir a même atteint 600 dollars/MWh sur certains marchés.
Pour les experts de l’AIE, « ces épisodes témoignent généralement d’un manque de flexibilité du système, lié à des contraintes techniques, réglementaires ou contractuelles ». La prochaine étape de la transition électrique ne consistera donc plus seulement à installer toujours davantage de capacités renouvelables, mais aussi à adapter les réseaux et à développer les solutions de stockage, le pilotage de la demande et les autres sources de flexibilité. L’objectif : mieux faire coïncider production et consommation dans le temps.
Selon Henri Klunge, nouvellement élu député dans le canton de Vaud et fondateur d’Alcane Conseils, « la présence de cette petite molécule dans l’eau potable doit nous rappeler que nos activités ne sont pas sans conséquences ni sans risques pour l’environnement ».
« Dans un contexte énergétique marqué par de fortes incertitudes, la Suisse peut-elle se permettre d’écarter d’emblée certaines sources de production ? », s’interroge Dominique Rochat, responsable de projets Énergie & Infrastructures auprès de la faîtière economiesuisse.
Depuis le premier janvier 2026, la Suisse participe à nouveau officiellement au projet ITER. On parle de cette réintégration avec Yves Martin, adjoint du directeur du Swiss Plasma Center. Entretien.