« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
L’ambition de poursuivre le développement de sources d'énergie vertes, fiables et rentables a donné lieu à de nouvelles et nombreuses discussions lors de la septième édition de Building Bridges à Genève.
Le marché du solaire se retrouve sous pression en raison d'une surabondance de l'offre
« Alors qu’elle met les fabricants sous pression, la baisse des coûts profite aux développeurs de projets, aux producteurs et fournisseurs d’électricité ainsi qu’aux consommateurs », explique Christian Rom, gérant chez DNB Asset Management.
Le déploiement des énergies renouvelables pourrait se poursuivre à un rythme soutenu, alors même que les fabricants subissent une forte pression sur les prix et voient leurs marges s’éroder. C’est déjà le cas dans le solaire : la baisse du prix des modules stimule les installations, mais pèse sur le bilan des fabricants.
L’Agence internationale de l’énergie prévoit que près de 4 600 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables seront installés entre 2025 et 2030, dont près de 80 % dans le solaire. Dans le même temps, les fabricants de panneaux solaires voient leurs marges comprimées par une offre surabondante. Selon l’AIE, celles des principaux producteurs s’établissent autour de 10 % de baisse en moyenne.
Cette situation montre que la croissance d’une technologie ne se traduit pas nécessairement par une création de valeur pour certaines industries et leurs actionnaires. Pour que la hausse du chiffre d’affaires entraîne, à terme, une progression du bénéfice par action, les entreprises doivent en effet disposer d’avantages concurrentiels durables.
La baisse du coût des modules solaires et des batteries devrait essentiellement profiter aux développeurs de projets d’énergies renouvelables ainsi qu’aux producteurs indépendants d’électricité qui disposent d’un solide portefeuille de projets et bénéficient de conditions de financement avantageuses.
Gagnants et perdants
Parmi les bénéficiaires potentiels figurent les fournisseurs d’électricité qui développent de nouvelles capacités de production, les centres de données, les industriels à la recherche d’une électricité moins chère, les exploitants et intégrateurs de solutions de stockage, les fournisseurs de solutions pour les réseaux électriques et la flexibilité ainsi que, à terme, les consommateurs d’électricité. La part de ces économies qui leur sera effectivement transmise dépendra toutefois de l’organisation du marché de l’électricité et du niveau des coûts de réseau.
À l’inverse, les fabricants de panneaux solaires peu différenciés, les producteurs de cellules de batteries sans avantage en matière de coûts et les fournisseurs dont les produits deviennent rapidement interchangeables risquent d’être pénalisés. Le risque de surinvestissement et de surcapacités est particulièrement élevé dans l’industrie des panneaux solaires, notamment en Chine.
Les chaînes d’approvisionnement chinoises dans les technologies propres illustrent les deux faces de cette évolution. Leur envergure contribue à réduire les coûts pour les développeurs de projets et les consommateurs. Mais leur forte concentration accroît les risques liés aux tensions commerciales et à la dépendance envers ces chaînes d’approvisionnement. Elle accentue aussi la pression sur les prix et le risque de surcapacités.
La baisse du coût des technologies propres accélère donc la transition énergétique, mais ne profite pas à tous les acteurs de la même manière. Pour les investisseurs, l’enjeu sera de distinguer les entreprises capables de transformer cette croissance en bénéfices durables de celles que la pression sur les prix fragilise.
« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
L’ambition de poursuivre le développement de sources d'énergie vertes, fiables et rentables a donné lieu à de nouvelles et nombreuses discussions lors de la septième édition de Building Bridges à Genève.
Installée dans un laboratoire du Parc d’innovation de l’EPFL, la start-up est à l’origine d’une technologie capable de détruire le méthane lorsqu’il est présent à des concentrations trop faibles pour être récupéré et revalorisé.