« Les membres de l'« Alliance accord sur l’électricité Suisse » surveilleront de près les débats parlementaires et fourniront des informations factuelles sur l’accord », résume Annalisa Job responsable de la communication pour l’Association des entreprises électriques suisses (AES).
« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
L’ambition de poursuivre le développement de sources d'énergie vertes, fiables et rentables a donné lieu à de nouvelles et nombreuses discussions lors de la septième édition de Building Bridges à Genève.
Repenser les tarifs de reprise pour soutenir le photovoltaïque
« L’adoption de nouveaux principes tarifaires représenterait un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique, valoriser les productions locales et renforcer la résilience du système électrique national », assure Cécile Theumann, vice-présidente de l’ADER.
Le développement des énergies renouvelables, en particulier du photovoltaïque (PV), repose sur des conditions-cadres solides, parmi lesquelles le tarif de reprise de l’électricité injectée dans le réseau joue un rôle crucial. Ce tarif constitue un signal économique déterminant, capable de soutenir ou de freiner les investissements dans les installations solaires.
Depuis le 1er janvier 2025, la majorité des tarifs de reprise appliqués en Suisse sont indexés sur les prix de marché de référence. En 2024, ces prix s’établissaient à environ 3,5 centimes par kilowattheure (cts/kWh) en été et 7 cts/kWh en hiver, bien qu’ils aient été marqués par une forte volatilité. Toutefois, cette approche purement fondée sur les prix de marché néglige plusieurs éléments fondamentaux.
Premièrement, la valorisation des garanties d’origine (GO), qui attestent du caractère renouvelable de l’électricité produite, demeure insuffisante. Si certains distributeurs reconnaissent déjà cette valeur, il convient également de prendre en compte la part d’électricité autoconsommée, laquelle permet d’éviter le recours à une production d’origine fossile. Pour surmonter les contraintes administratives liées à cette reconnaissance, il serait judicieux de proposer l’introduction d’une plus-value forfaitaire de 4 cts/kWh sur l’électricité injectée, permettant ainsi de compenser indirectement l’autoconsommation.
Deuxièmement, la sécurité d’approvisionnement, enjeu stratégique majeur, varie selon la saison. En été, les enjeux concernent davantage la puissance et la gestion du réseau, ce qui ne justifie pas une valorisation supplémentaire. En hiver, en revanche, chaque kilowattheure injecté dans le réseau contribue significativement à la sécurité énergétique nationale, dans un contexte de réduction de la capacité nucléaire et d’incertitudes concernant les importations. L’application d’une plus-value spécifique à la production hivernale se justifierait donc pleinement.
@ADER
Enfin, puisque le prix de l’électricité constitue un signal économique fort pour les producteurs et les investisseurs, l’Association pour le Développement des Énergies Renouvelables (ADER) a élaboré une structure tarifaire intégrant trois dimensions
Une plus-value de 4 cts/kWh liée à la garantie d’origine, applicable toute l’année
Une plus-value « sécurité d’approvisionnement » de 4 cts/kWh, applicable uniquement en hiver
Une plus-value « signal économique » de 4 cts/kWh pour l’hiver.
Ainsi, le tarif total recommandé s’élèverait à 7,5 cts/kWh en été et à 19 cts/kWh en hiver.
Dès aujourd’hui, l'ADER appelle les fournisseurs d’électricité à réfléchir à cette nouvelle grille de prix et à la manière d’intégrer ces paramètres dans la fixation de leurs prix de reprise. L’adoption de tels principes tarifaires représenterait un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique, valoriser les productions locales et renforcer la résilience du système électrique national.
Si une réflexion collective est nécessaire pour faire évoluer les modèles de rémunération en phase avec les enjeux climatiques et énergétiques actuels, il est aussi essentiel que les entreprises électriques prennent position sur ces propositions. La balle est désormais dans leur camp.
« Les membres de l'« Alliance accord sur l’électricité Suisse » surveilleront de près les débats parlementaires et fourniront des informations factuelles sur l’accord », résume Annalisa Job responsable de la communication pour l’Association des entreprises électriques suisses (AES).
« À force de regarder les surfaces qui pourraient encore accueillir des installations solaires, on oublie peut-être une piste : les toitures déjà équipées », souligne Alban Bitz, directeur de SI-REN.
L’ambition de poursuivre le développement de sources d'énergie vertes, fiables et rentables a donné lieu à de nouvelles et nombreuses discussions lors de la septième édition de Building Bridges à Genève.