Comment l’électrification de la mobilité réduit la crise des énergies fossiles

Comment l’électrification de la mobilité réduit la crise des énergies fossiles

Passer à la pompe a de quoi faire grincer des dents ces jours-ci. Que ce soit en Suisse ou dans d’autres pays, faire le plein d’essence pèse de plus en plus sur le budget. Pourtant, la situation pourrait être pire sans l’électrification de la mobilité amorcée au cours de la dernière décennie. « Chaque voiture électrique en circulation réduit l’exposition à la volatilité des marchés pétroliers », affirme Euam Graham dans un rapport publié par le think tank Ember. Selon cet analyste senior en énergie, « les pays qui ont investi dans les véhicules électriques avant cette crise sont désormais moins exposés à la volatilité des marchés pétroliers et logiquement mieux protégés contre de futurs chocs d’approvisionnement ».

Dans un contexte où les États-Unis de Donald Trump se couchent à nouveau devant Vladimir Poutine pour obtenir quelques dizaines de millions de barils de diesel russe, il est d’autant plus pertinent de montrer comment le passage à des voitures électriques ou hybrides permet de réduire progressivement l’emprise des rois du fossile sur nos modèles économiques. On vous décrypte le rapport d’Ember en quelques points clés.

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Des millions de barils économisés. Selon les estimations d’Ember, au cours des six mois écoulés depuis le début de la crise énergétique d’Ormuz, les parcs de voitures électriques des pays importateurs de pétrole ont permis d’éviter la consommation de 200 millions de barils de brut, pour une valeur de 20 milliards de dollars.

Après avoir dépassé les 100 dollars à plus de 60 reprises en 2026, le prix du baril se maintient au-dessus de ce seuil symbolique depuis la rentrée de septembre. Le montant des économies devrait donc encore augmenter au second semestre.

Autre fait intéressant de l’étude : la majorité des économies, soit 16,5 milliards de dollars, provient des véhicules 100% électriques, le solde étant attribuable aux hybrides rechargeables (PHEV). Ce constat rappelle la principale controverse concernant ces modèles : « Les données recueillies en conditions réelles montrent que les conducteurs recourent davantage à leur moteur thermique que ne l’annoncent initialement les constructeurs », précise l’étude.
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L’effet «détroit d’Ormuz». Le blocage de ce passage stratégique pour les énergies fossiles depuis le début du printemps 2026 a accéléré l’adoption des véhicules électriques. « Pour les pays dépendants des importations pétrolières, les véhicules électriques constituent le levier le plus puissant pour réduire cette demande de pétrole », indique Ember, qui ajoute que ceux qui ont fait « le choix stratégique de soutenir leur développement sont nettement mieux protégés face à la crise actuelle ».

À l’échelle mondiale, les ventes de véhicules électriques ont ainsi progressé de 11% sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Cette hausse est notable à deux titres : les ventes sont généralement plus élevées au second semestre et cette progression intervient malgré des changements de politique aux États-Unis et en Chine qui auraient pu freiner le marché.
« Parmi les 56 pays couverts en termes de ventes mensuelles de véhicules électriques, 49 ont enregistré une part de ventes entièrement électriques record depuis le début de 2026 », peut-on lire dans le rapport d’Ember. @EMBER
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Europe et Chine en tête. La transformation des parcs automobiles chinois et européen porte ses fruits en cette période de cours élevés du pétrole. En Chine, Ember estime que les voitures électriques ont permis d’éviter la consommation de l’équivalent de 14 milliards de dollars de brut entre mars et août 2026. L’étude précise d’ailleurs que le phénomène est plus large puisque « les deux-roues, les trois-roues et le transport routier de marchandises s’électrifient également rapidement en Chine, ce qui contribue à réduire davantage la consommation pétrolière ».

Contrairement aux États-Unis, où le marché des véhicules électriques a tendance à décrocher, l’électrification croissante de la mobilité dans l’Union européenne a permis d’éviter la consommation de l’équivalent de 3,1 milliards de dollars de brut sur la même période. L’Allemagne et la France affichent les montants les plus élevés, avec respectivement quelque 760 millions et 560 millions de dollars.

Rapportée à la consommation pétrolière nationale, la palme revient toutefois au Danemark : « En août 2026, son parc de voitures électriques permet d’éviter la consommation de 6,4 millions de barils par an, soit l’équivalent de 13% de la consommation pétrolière nationale de 2025 », indique Ember.
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De record en record. « Parmi les 56 pays couverts en termes de ventes mensuelles de véhicules électriques, 49 ont enregistré une part de ventes entièrement électriques record depuis le début de 2026 », peut-on lire dans le rapport d’Ember. Hors États-Unis et Chine, les ventes de véhicules électriques ont même progressé de 45% entre janvier et août 2026 par rapport à la même période de l’année précédente.

Même la Norvège, connue pour son avance sur le reste du monde dans l’électrification de son parc automobile, a atteint un nouveau record : les véhicules entièrement électriques y ont représenté 98% des ventes sur les huit premiers mois de 2026 (contre 95% durant plusieurs mois de 2025). Le pays figure ainsi parmi les douze marchés suivis par Ember où les voitures électriques ont représenté plus d’un tiers des ventes depuis le début de l’année.

En Suisse aussi, la progression est notable, même si notre pays reste à la traîne en comparaison européenne. Les derniers chiffres fournis par Auto-Suisse montrent ainsi que les voitures 100% électriques ont représenté 35,7% des nouvelles mises en circulation, contre à peine plus d’un quart un an auparavant.
À l’échelle mondiale, les ventes de véhicules électriques ont ainsi progressé de 11% sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. @EMBER

Dans une période de crise pour l’industrie automobile, notamment en Europe, la voiture électrique apparaît ainsi comme une véritable bouée de sauvetage. De nouveaux modèles de Renault, Volkswagen et Škoda figuraient parmi les voitures électriques les plus vendues en Europe en juillet. Mais c’est surtout dans plusieurs pays émergents que la bascule est flagrante, avec en bonus la mise en place de nouvelles capacités de production. Ember cite l’exemple de VinFast, constructeur vietnamien qui produisait déjà la voiture la plus vendue au Vietnam en 2025 et a étendu ses activités industrielles à l’étranger en ouvrant de nouvelles usines en Inde et en Indonésie la même année.

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