« Alors que le nucléaire s’inscrit nécessairement dans le temps long, le photovoltaïque et les batteries relèvent d’une autre temporalité : celle des besoins auxquels nous devons répondre dès aujourd’hui », estime Richard Mesple, directeur général de Local Energy.
« L’essor des énergies renouvelables et la réduction de notre consommation de pétrole et de gaz ont permis à la Suisse d’éviter 31 milliards de francs d’importations d’énergies fossiles au cours des quinze dernières années », souligne Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse.
« Alors que le nucléaire s’inscrit nécessairement dans le temps long, le photovoltaïque et les batteries relèvent d’une autre temporalité : celle des besoins auxquels nous devons répondre dès aujourd’hui », estime Richard Mesple, directeur général de Local Energy.
Le récent débat au Parlement a remis sur la table la possibilité de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Quelle que soit l’issue politique de cette discussion, elle pose une question essentielle : comment assurer durablement l’approvisionnement énergétique de notre pays ?
Le nucléaire s’inscrit nécessairement dans le temps long. Le solaire et les batteries relèvent d’une autre temporalité : celle des besoins auxquels nous devons répondre dès aujourd’hui. C’est sans doute l’un de leurs principaux atouts.
Il ne s’agit donc pas d’opposer les technologies. Le futur énergétique de la Suisse reposera nécessairement sur une combinaison de différentes sources de production renouvelables. Mais garder ouvertes des options pour le long terme ne doit pas nous faire perdre de vue les solutions que nous pouvons déployer dès maintenant.
Produire aujourd’hui, adapter demain
Le solaire possède à cet égard un avantage particulier : sa rapidité et sa flexibilité de déploiement. Là où une production nucléaire centralisée nécessite par nature une infrastructure de grande ampleur, dont la réalisation s’étend sur plusieurs années, une installation photovoltaïque peut être mise en service en quelques mois. Modulaire, le solaire se développe progressivement, au rythme des besoins, sur des toitures, des façades, des parkings ou encore des infrastructures agricoles, tout en rapprochant la production des lieux où l’électricité est utilisée.
À cette rapidité de déploiement s’ajoute la question du coût. Celui du photovoltaïque a fortement diminué au cours des dernières années, au point d’en faire aujourd’hui une technologie de production particulièrement compétitive. Cette évolution permet d’augmenter progressivement les capacités sans attendre la réalisation de grandes infrastructures, tout en répartissant les investissements entre de nombreux acteurs.
Cette souplesse prend une nouvelle dimension avec le développement du stockage. Les batteries permettent de conserver une partie de l’électricité produite pendant la journée pour la restituer lorsque les besoins augmentent, notamment en soirée. Le stockage ne supprime évidemment pas tous les défis liés à l’intermittence, mais il permet déjà de mieux faire coïncider production et consommation.
Installation après installation, toit après toit, l’énergie de demain est déjà en train de se construire.
Un environnement qui change
La question énergétique ne peut par ailleurs plus être dissociée des évolutions climatiques. La multiplication des épisodes de chaleur et de sécheresse peut peser sur les moyens de production fortement dépendants de la disponibilité en eau. Le photovoltaïque présente ici un avantage simple : sa production d’électricité ne nécessite pas de ressources en eau pour son fonctionnement.
Produire davantage d’électricité solaire en Suisse permet aussi d’accroître la part d’énergie générée directement sur notre territoire. Dans un contexte international qui a rappelé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et les risques liés à certaines dépendances extérieures, cette capacité à mobiliser une ressource disponible localement constitue un atout supplémentaire. Une production décentralisée renforce également la résilience du système : lorsqu’elle est répartie entre des milliers de sites, une perturbation locale a par nature un impact plus limité sur l’ensemble de l’approvisionnement.
Une transition qui avance
Cette évolution se déroule sous nos yeux. Entreprises, collectivités, propriétaires immobiliers et particuliers deviennent eux-mêmes producteurs d’une partie de l’énergie qu’ils consomment. Le système énergétique devient ainsi progressivement plus décentralisé : la production ne repose plus uniquement sur quelques grandes infrastructures, mais également sur une multitude d’installations réparties sur le territoire.
Le solaire ne répondra évidemment pas à lui seul aux besoins énergétiques de la Suisse. Notre collaboration avec le réseau européen reste essentielle et nous devons veiller à préserver les accords qui la rendent possible. L’hydraulique, l’éolien, la biomasse et les autres sources renouvelables continueront à jouer un rôle important, tout comme les réseaux et les capacités de stockage.
Alors que notre pays débat aujourd’hui de son approvisionnement énergétique à l’horizon de plusieurs décennies, nous ne devrions sous-estimer ni la valeur du temps ni la force d’une transition qui se construit déjà par le bas. Le solaire permet aux entreprises, aux collectivités, aux propriétaires immobiliers comme aux particuliers d’agir dès aujourd’hui et, par une multitude de décisions individuelles, de contribuer collectivement à transformer notre système énergétique.
Installation après installation, toit après toit, l’énergie de demain est déjà en train de se construire.
« L’essor des énergies renouvelables et la réduction de notre consommation de pétrole et de gaz ont permis à la Suisse d’éviter 31 milliards de francs d’importations d’énergies fossiles au cours des quinze dernières années », souligne Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse.
Face à la flambée des prix du gaz, plusieurs pays - dont la Chine et l'Inde - ont substitué le charbon au gaz pour produire leur électricité, comme le souligne le dernier rapport semestriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Selon Henri Klunge, nouvellement élu député dans le canton de Vaud et fondateur d’Alcane Conseils, « la présence de cette petite molécule dans l’eau potable doit nous rappeler que nos activités ne sont pas sans conséquences ni sans risques pour l’environnement ».