« La conductrice moyenne dépensait ainsi 14,90 francs d’essence pour parcourir 100 kilomètres en 1981, contre 16,10 francs aujourd’hui. Entre-temps, le revenu disponible des ménages a toutefois été multiplié par 2,85 », rappelle Philippe Thalmann, professeur d'économie de l'environnement à l'EPFL.
Tout en renforçant ses investissements dans le réseau, le gestionnaire national du réseau de transport d’électricité a nettement réduit ses coûts au premier semestre 2026.
« Toutes les installations des réseaux de transport, d’alimentation ferroviaire et de distribution d’une tension supérieure à 1 kV relèveront désormais de l’intérêt national », précise Jan Flückiger, responsable des affaires publiques à l'AES.
« La conductrice moyenne dépensait ainsi 14,90 francs d’essence pour parcourir 100 kilomètres en 1981, contre 16,10 francs aujourd’hui. Entre-temps, le revenu disponible des ménages a toutefois été multiplié par 2,85 », rappelle Philippe Thalmann, professeur d'économie de l'environnement à l'EPFL.
À la fin de la deuxième crise pétrolière, en 1981, le prix moyen de l’essence sans plomb 95 s’élevait à 1,25 franc, selon les statistiques de l’indice des prix à la consommation (IPC). Depuis, les prix à la consommation ont augmenté de 82 %. Le montant de 1,25 franc de l’époque équivaut donc à environ 2,28 francs aujourd’hui.
Cependant, les revenus ont progressé bien plus fortement que les prix à la consommation : le revenu disponible des ménages a augmenté de 185 %. L’essence pesait donc davantage dans leur budget en 1981. Rapporté à l’évolution du revenu disponible, le prix de l’époque équivaudrait aujourd’hui à 3,56 francs (= 1,25 × 2,85).
La baisse de la consommation moyenne des voitures réduit encore le coût de l’essence par kilomètre parcouru. En 1981, elles consommaient en moyenne 11,9 litres d’essence aux 100 kilomètres, contre 7,1 litres en 2025. À titre de comparaison, la Volkswagen Golf I 1.6 GTI des années-modèles 1976 à 1982 consommait 9 litres aux 100 kilomètres, contre 4,7 litres pour la Golf VIII 1.5 TSI des années-modèles 2020 à 2024 et 1,4 litre pour la version eHybrid.
La conductrice moyenne dépensait ainsi 14,90 francs d’essence pour parcourir 100 kilomètres en 1981 (11,9 × 1,25), contre 16,10 francs aujourd’hui (7,1 × 2,27). Entre-temps, le revenu disponible des ménages a toutefois été multiplié par 2,85. Pour que ces 100 kilomètres pèsent autant dans son budget qu’en 1981, la conductrice actuelle devrait donc débourser environ 42,40 francs (14,90 × 2,85), soit près de 6 francs par litre d’essence ! Nous en sommes encore très loin.
Comparaison internationale
En complément à cette comparaison historique, on peut aussi examiner les prix pratiqués dans d’autres pays. Parmi les 130 pays et territoires recensés par GlobalPetrolPrices au 24 août 2026, seuls sept affichent un prix de l’essence supérieur à celui observé en Suisse, une fois les montants convertis en francs suisses.
Au Danemark et en Israël, l’essence coûte 10 % de plus qu’en Suisse. À Hong Kong, elle est même deux tiers plus chère, à 3,34 francs le litre, contre 0,94 franc aux États-Unis. Si le pétrole s’échange sur un marché mondial et le baril coûte le même prix partout, les écarts de prix à la pompe s’expliquent principalement par la fiscalité. Certains gouvernements subventionnent même l’essence pour leur population, notamment dans les pays à faibles revenus ou dans ceux producteurs de pétrole.
Il n’y a donc absolument aucune raison de réduire les taxes sur les carburants ou de prendre d’autres mesures au nom de la protection du pouvoir d’achat.
Mais le prix à la pompe ne suffit pas à mesurer l’effort financier demandé aux automobilistes suisses : il faut aussi le rapporter aux revenus. Selon ce critère, l’essence est particulièrement bon marché chez nous : seuls 11 des 130 pays et territoires recensés par GlobalPetrolPrices affichent un prix plus faible par rapport au revenu moyen. Prenons l’exemple du Vietnam : le litre d’essence y coûte deux fois moins cher qu’en Suisse, mais les Vietnamiens doivent consacrer près de huit fois plus de leur revenu pour acheter la même quantité.
Il n’y a donc absolument aucune raison de réduire les taxes sur les carburants ou de prendre d’autres mesures au nom de la protection du pouvoir d’achat. Ces chiffres montrent également à quel point il est ridicule que le Conseil fédéral refuse catégoriquement une hausse du prix de l’essence supérieure à 5 centimes par litre pour financer des mesures en faveur du climat et de la transition énergétique.
Plébisciter une mobilité électrique
Mais alors, pourquoi toute cette agitation autour du prix de l’essence ? S’il n’est pas particulièrement élevé en comparaison historique ou internationale, il a tout de même augmenté de 22 % en six mois, tandis que celui du diesel a progressé de 29 %. Et même si les prix avaient atteint des niveaux encore plus élevés durant l’été 2022, leur baisse pourrait être plus lente cette fois-ci.
De plus en plus d’automobilistes envisagent donc sérieusement de se tourner vers des voitures consommant sensiblement moins de carburant, voire vers des modèles entièrement électriques. De quoi contribuer à l’essor des ventes de voitures électriques et, surtout, hybrides. Cette évolution est d’autant plus favorisée par une offre élargie et des prix devenus plus accessibles.
Ces progrès, conjugués à la vision court-termiste de nombreux automobilistes obnubilés par les fluctuations récentes des prix à la pompe, pourraient encore accélérer la baisse de la consommation de carburants, qui diminue en moyenne de 0,6 % par an depuis 2001. Une évolution favorable au climat comme à la sécurité de l’approvisionnement énergétique.
Tout en renforçant ses investissements dans le réseau, le gestionnaire national du réseau de transport d’électricité a nettement réduit ses coûts au premier semestre 2026.
« Toutes les installations des réseaux de transport, d’alimentation ferroviaire et de distribution d’une tension supérieure à 1 kV relèveront désormais de l’intérêt national », précise Jan Flückiger, responsable des affaires publiques à l'AES.
« Chaque voiture électrique en circulation réduit l’exposition à la volatilité des marchés pétroliers », affirme Euam Graham dans un rapport publié par le think tank Ember.
« Des initiatives comme Swiss Impact & Prosperity montrent qu’au-delà de la croissance, la capacité d’une économie à créer de la valeur durable et à préserver ses ressources devient elle aussi un indicateur de performance », explique Simone Pedrazzini, CEO d'Earth Action.